Étiquette SSCC - règles, composition et erreurs à éviter

Benjamin Adam .

11 juin 2026

Une main scanne une étiquette SSCC sur un carton avec un scanner, une tablette à proximité pour le suivi des stocks.

Une palette peut être parfaitement préparée et pourtant bloquer à la réception si son identification est illisible, dupliquée ou absente des données d’expédition. L’étiquette SSCC permet d’identifier chaque unité logistique, de la palette au colis, et de relier son passage physique aux informations transmises entre les entreprises. Je détaille ici son rôle, sa composition, les données à ajouter, les règles de placement et les erreurs qui perturbent le plus souvent les quais français.

L’essentiel pour rendre une unité logistique traçable

  • Un SSCC unique identifie chaque palette, colis ou unité constituée pour le transport.
  • Le code est composé de 18 chiffres et utilise l’identifiant d’application (00).
  • Le symbole recommandé est le GS1-128, lisible par les systèmes de scan logistiques.
  • Le contenu peut être complété par le GTIN, le lot, la quantité, le poids ou une date.
  • Sur une palette, deux étiquettes identiques sur des côtés adjacents facilitent le scannage au quai.

Transpalette jaune soulevant une pile de cartons sur une palette, avec une étiquette SSCC visible.

À quoi sert une étiquette SSCC en logistique

Le SSCC, ou Serial Shipping Container Code, est un numéro de série attribué à une unité logistique précise. Cette unité peut être une palette complète, une demi-palette, un carton regroupant plusieurs articles ou même un colis individuel. Elle est identifiée comme un ensemble destiné au stockage ou au transport.

Le principe est simple. Lorsqu’un opérateur scanne le code, le logiciel retrouve les informations associées à cette unité dans l’ERP, le WMS ou le message EDI. On peut ainsi confirmer la réception, orienter une palette vers une zone, préparer un cross-docking ou suivre un écart sans ressaisir toute la marchandise.

Je conseille de bien distinguer les identifiants, car la confusion entre eux crée beaucoup d’erreurs. Le GTIN identifie le produit, tandis que le SSCC identifie le contenant logistique dans lequel ce produit circule.

Identifiant Ce qu’il identifie Exemple d’usage
GTIN Un article ou une référence commerciale Une bouteille, un carton de produits identiques
SSCC Une unité logistique individualisée Une palette expédiée à un client
GLN Une entreprise, un site ou une adresse fonctionnelle Un entrepôt destinataire
GSIN Une expédition composée de plusieurs unités Un chargement regroupant plusieurs palettes

Les 18 chiffres qui composent le SSCC

Un SSCC contient toujours 18 chiffres. Sa structure comprend un chiffre d’extension, le préfixe d’entreprise GS1, une référence séquentielle et une clé de contrôle. La longueur du préfixe d’entreprise varie, ce qui modifie la place disponible pour la référence séquentielle.

Dans le code-barres, l’identifiant d’application (00) indique au lecteur que les 18 chiffres qui suivent correspondent à un SSCC. Ces deux chiffres ne font pas partie du SSCC lui-même, mais ils doivent être encodés dans le symbole GS1-128.

Élément Fonction
Chiffre d’extension Augmente la capacité de numérotation, avec une valeur de 0 à 9.
Préfixe d’entreprise GS1 Rattache la série de numéros à l’entreprise qui crée l’unité logistique.
Référence séquentielle Différencie chaque palette ou colis produit dans la série.
Clé de contrôle Vérifie la cohérence mathématique du numéro avant son utilisation.

La référence séquentielle n’a pas besoin de décrire le contenu. Elle sert avant tout à garantir l’unicité de chaque unité. Une palette recomposée ou reconditionnée doit donc recevoir un nouvel identifiant si elle devient une autre unité gérée dans la chaîne logistique.

Comment construire une étiquette exploitable par les systèmes

La qualité de l’étiquette dépend autant du processus informatique que de l’impression. Une méthode fiable commence par la création du SSCC au moment où l’unité logistique est constituée, puis associe immédiatement ce numéro aux articles, aux quantités et à la destination.

  1. Créer un numéro unique avec le préfixe d’entreprise GS1 et une séquence maîtrisée.
  2. Calculer la clé de contrôle dans l’ERP, le WMS ou un logiciel compatible.
  3. Encoder le numéro avec l’AI (00) dans un code-barres GS1-128.
  4. Imprimer la lisibilité humaine, notamment la mention SSCC et le numéro interprétable sous le code.
  5. Transmettre la correspondance dans l’avis d’expédition électronique, souvent appelé ASN ou DESADV selon l’organisation retenue.

Le SSCC seul suffit pour identifier l’unité logistique. Dans la pratique, je préfère toutefois compléter l’étiquette lorsque le destinataire en a besoin. Les données complémentaires les plus courantes sont le GTIN du contenu avec l’AI (02), la quantité avec l’AI (37), le lot avec l’AI (10), ainsi que les dates de production ou de péremption avec les AI appropriés.

Un autre champ peut indiquer le site destinataire grâce au GLN avec l’AI (410). Cette information ne remplace pas le SSCC. Elle aide simplement les systèmes de tri ou de réception à orienter la marchandise plus rapidement.

Donnée Identifiant d’application courant Utilité
SSCC (00) Identifier l’unité logistique
GTIN du contenu (02) Préciser la référence contenue dans une unité homogène
Quantité (37) Indiquer le nombre d’articles regroupés
Lot ou série (10) Renforcer la traçabilité produit
Date d’expiration (17) Gérer les produits soumis à une date limite

Il faut éviter de surcharger une petite étiquette avec des champs inutiles. Un opérateur doit comprendre rapidement ce qu’il scanne, et le lecteur doit pouvoir isoler chaque donnée sans ambiguïté. Le bon niveau d’information est celui qui répond aux besoins du transporteur, du réceptionnaire et du système informatique.

Bien placer et imprimer le code-barres sur une palette

Un code parfaitement généré peut devenir inutilisable s’il est collé sur un angle, sous un film étirable froissé ou trop près du bord. Pour les palettes, le code-barres doit être positionné entre 400 et 800 mm au-dessus du sol, autant que possible sur une surface plane et protégée.

Il faut conserver au moins 50 mm de distance par rapport aux bords verticaux. Cette marge protège les zones blanches indispensables autour du symbole, appelées zones de silence. Sans elles, le lecteur peut ne pas distinguer correctement le début et la fin du code.

Pour une palette destinée à circuler dans un réseau automatisé, je recommande deux étiquettes portant exactement le même SSCC sur deux côtés adjacents. Cette disposition augmente les chances qu’un opérateur ou un tunnel de lecture voie le code sans devoir retourner la charge. Une seconde étiquette n’est pas une nouvelle unité et ne doit surtout pas recevoir un autre numéro.

Sur un carton ou un colis plus petit, le bas du code-barres est généralement placé à environ 32 mm de la base naturelle, avec une distance d’au moins 19 mm par rapport aux bords verticaux. Ces valeurs servent de repères de placement et doivent être adaptées à la forme, à la stabilité et à la protection de l’emballage.

Le choix de l’imprimante compte également. Une impression thermique mal réglée, un ruban usé, une résolution insuffisante ou un contraste faible peuvent produire un code lisible à l’œil mais refusé par un scanner. Je fais toujours contrôler un échantillon après changement de format, de consommable ou de paramétrage du logiciel.

Les erreurs qui bloquent encore les réceptions

La première erreur est la réutilisation d’un SSCC pour une nouvelle unité. La numérotation doit être pilotée par un compteur ou une base centralisée, surtout lorsqu’il existe plusieurs sites de production ou plusieurs prestataires logistiques.

La deuxième vient du décalage entre l’étiquette et l’avis d’expédition. Si le numéro imprimé sur la palette ne correspond pas au SSCC transmis dans l’ASN, le destinataire peut recevoir la marchandise tout en étant incapable de rapprocher automatiquement la charge de sa commande.

  • Imprimer un code Code 128 classique au lieu d’un GS1-128 correctement encodé.
  • Oublier l’AI (00) ou le placer au mauvais endroit.
  • Associer plusieurs SSCC à une même palette sans raison opérationnelle.
  • Coller une nouvelle étiquette par-dessus l’ancienne sans neutraliser le code précédent.
  • Modifier le contenu d’une palette sans mettre à jour les données du système.
  • Utiliser une taille de caractère ou de code qui rend la lecture manuelle difficile.

La présence d’un SSCC ne garantit pas, à elle seule, une traçabilité complète. Il faut aussi définir qui crée le numéro, à quel moment, dans quelle application il est conservé et comment les événements de transport sont enregistrés. Sans cette gouvernance, l’étiquette devient un simple autocollant plutôt qu’un véritable lien entre le flux physique et le flux de données.

Choisir le bon niveau d’équipement pour son activité

Une petite entreprise peut commencer avec un logiciel d’étiquetage relié à son stock, une imprimante thermique et une procédure de contrôle. Un industriel ou un prestataire 3PL aura plutôt besoin d’une génération automatique depuis le WMS, d’une gestion multi-sites et d’un échange EDI avec ses clients.

Organisation Solution adaptée Point de vigilance
Petit entrepôt Outil d’étiquetage connecté au stock Éviter les saisies manuelles et les doublons
Site industriel ERP ou WMS générant le SSCC à la constitution de la palette Synchroniser production, expédition et réception
Prestataire logistique WMS multi-clients avec règles de numérotation séparées Conserver une traçabilité par donneur d’ordre
Flux automatisé Impression contrôlée et vérification du symbole Tester la lecture dans les conditions réelles du quai

Le coût ne se limite pas au papier et à l’encre. Il inclut le paramétrage, l’intégration au système de gestion, la maintenance des imprimantes et la résolution des rejets. Dans mon approche, l’investissement le plus rentable reste souvent la fiabilisation du lien entre le scan, le stock et l’ASN, plutôt que l’ajout de données décoratives sur l’étiquette.

Le contrôle final avant le départ de la palette

Avant l’expédition, une vérification courte évite une grande partie des litiges. Le SSCC doit être unique, présent dans le système, correctement calculé, imprimé en GS1-128 et associé au bon contenu.

  • Le code est lisible par un scanner dans les conditions du quai.
  • Le numéro visible sous le symbole correspond au numéro encodé.
  • Le SSCC de l’étiquette correspond à celui de l’avis d’expédition.
  • La palette porte une étiquette visible, ou deux étiquettes identiques si le flux le justifie.
  • Les anciennes étiquettes ne peuvent pas être lues par erreur.

Une étiquette SSCC réussie est donc discrète, standardisée et fiable. Elle ne raconte pas toute la marchandise, mais elle donne à chaque acteur le moyen de retrouver la bonne unité, au bon moment, avec les bonnes données.

Cet article a un caractère purement informatif et éducatif. Le contenu a été élaboré avec l'aide d'outils analytiques et linguistiques modernes (IA). Avant de prendre une décision, consultez un expert.

Questions fréquentes

Le SSCC identifie une unité logistique précise, comme une palette, une demi-palette, un carton regroupé ou un colis individuel. Après le scan, l’ERP, le WMS ou le système EDI retrouve les informations associées, notamment le contenu et la destination. Il ne faut pas le confondre avec le GTIN, qui identifie le produit.
Le SSCC contient toujours 18 chiffres comprenant un chiffre d’extension, un préfixe d’entreprise GS1, une référence séquentielle et une clé de contrôle. L’identifiant d’application (00) est encodé dans le symbole GS1-128 pour signaler que les 18 chiffres suivants correspondent à un SSCC. Les chiffres (00) ne font pas partie du SSCC lui-même.
Le code-barres doit être placé entre 400 et 800 mm au-dessus du sol, sur une surface plane et à au moins 50 mm des bords verticaux. Pour améliorer la lecture au quai, deux étiquettes portant exactement le même SSCC peuvent être posées sur deux côtés adjacents. La seconde étiquette ne doit jamais recevoir un autre numéro.
Le SSCC imprimé sur la palette doit être identique à celui transmis dans l’avis d’expédition électronique. En cas de décalage, le destinataire peut recevoir la marchandise sans pouvoir rapprocher automatiquement la palette de sa commande. Il faut aussi vérifier que le numéro est unique, correctement calculé et lisible par un scanner.
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Autor Benjamin Adam
Benjamin Adam
Je m'appelle Benjamin Adam et je mets à profit mes 10 années d'expérience dans les domaines du transport, de la logistique et de la mobilité d'entreprise pour partager mes connaissances sur transports-moreau.fr. Mon parcours m'a permis de comprendre les enjeux complexes qui régissent ces secteurs, et c'est avec plaisir que je décortique pour vous les tendances actuelles, les innovations et les solutions qui façonnent notre manière de nous déplacer et de faire circuler les biens. Mon objectif est de rendre ces sujets accessibles, en m'assurant de la fiabilité des informations et en les présentant de manière claire et structurée, afin que chacun puisse y trouver des réponses utiles et pertinentes.
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