Un autobus diesel urbain peut rejeter environ 1,1 à 1,5 kg de CO₂ par kilomètre, mais ce chiffre ne suffit pas à juger son impact. Pour comprendre l’émission de CO₂ d’un bus par kilomètre, je distingue les rejets du véhicule, ceux rapportés au passager, l’effet du taux de remplissage et les différences entre diesel, hybride, GNV et électrique. Vous trouverez aussi une méthode simple pour comparer une ligne de bus à la voiture ou évaluer une navette d’entreprise.
Les repères essentiels pour interpréter les émissions d’un bus
- 1,1 à 1,5 kg de CO₂/km pour un autobus diesel urbain dans des conditions courantes.
- 40 à 120 g de CO₂e par passager.km selon le nombre de voyageurs transportés.
- Le remplissage est souvent le facteur qui change le plus le résultat individuel.
- Un bus électrique n’émet rien à l’échappement, mais sa fabrication et l’électricité utilisée comptent dans le bilan complet.
- Le GNV réduit surtout certains polluants locaux, sans garantir une forte baisse du bilan carbone.
Le chiffre dépend de l’unité que l’on mesure
Quand on parle d’émissions de bus, deux indicateurs sont souvent mélangés. Le premier mesure ce que rejette le véhicule sur un kilomètre. Le second répartit cette quantité entre les passagers et s’exprime en grammes de CO₂e par passager.kilomètre.
Un bus diesel consommant 1,2 kg de CO₂ par kilomètre rejette cette même quantité qu’il transporte 8 ou 40 personnes. En revanche, l’impact individuel passe d’environ 150 g par passager.km à 30 g. C’est pour cette raison qu’un bus peut être très pertinent sur une ligne fréquentée et beaucoup moins convaincant lorsqu’il circule presque vide.
| Indicateur | Ordre de grandeur | À quoi sert-il |
|---|---|---|
| Émissions du bus diesel | 1,1 à 1,5 kg CO₂/km | Évaluer une flotte, une ligne ou une tournée |
| Émissions par passager | 40 à 120 g CO₂e/passager.km | Comparer les modes de déplacement |
| Bus électrique | 0 émission directe à l’échappement | Mesurer la qualité de l’air local |
Les valeurs en CO₂e incluent généralement le dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre convertis en équivalent CO₂. Je préfère donc préciser le périmètre utilisé, car comparer un simple rejet à l’échappement avec une analyse qui inclut l’énergie et la fabrication donne un résultat trompeur.
Quels repères retenir pour un bus en France
Les mesures réalisées en conditions réelles donnent un repère solide pour les bus thermiques. Une campagne menée sur des autobus urbains a relevé environ 1,18 kg de CO₂/km pour des bus Euro IV et 1,11 kg/km pour des bus Euro VI. Les modèles hybrides affichaient une consommation et des émissions inférieures d’environ 17 % aux bus Euro VI classiques dans cette comparaison.
Ces chiffres concernent le véhicule, pas chaque voyageur. Pour obtenir l’impact individuel, j’utilise une formule très simple.
Émissions par passager.km = émissions du bus par kilomètre ÷ nombre moyen de passagers.
Avec un bus émettant 1,2 kg de CO₂ par kilomètre, le résultat est d’environ 120 g par passager.km à 10 voyageurs, 60 g à 20 voyageurs et 40 g à 30 voyageurs. Une moyenne nationale publiée par le SDES situait les émissions des bus autour de 81 g de CO₂e par passager.km, ou 104 g en intégrant l’amont du carburant. Cette moyenne reste un repère, pas la mesure exacte de chaque réseau.
Pour un trajet de 12 km effectué avec 25 passagers, le calcul donne 14,4 kg de CO₂ pour le véhicule, soit environ 576 g par passager. Le même autobus presque vide ferait rapidement remonter l’empreinte individuelle.
Pourquoi les émissions varient autant d’une ligne à l’autre
Le taux de remplissage change tout
La fréquentation moyenne est souvent plus importante que la puissance du moteur. Un bus de grande capacité n’est avantageux que si la ligne lui permet de transporter suffisamment de personnes, surtout aux heures creuses.
Dans mes évaluations de mobilité, je regarde toujours la fréquentation par tranche horaire. Une ligne très chargée le matin peut être efficace sur cette période, mais afficher un bilan beaucoup moins favorable l’après-midi si les véhicules continuent de circuler avec seulement quelques passagers.
La circulation urbaine pèse sur la consommation
Les arrêts fréquents, les embouteillages, les pentes et les redémarrages augmentent la consommation. La climatisation et le chauffage peuvent aussi peser sensiblement sur les besoins énergétiques, surtout lorsque le véhicule reste longtemps immobilisé avec ses équipements en fonctionnement.
À l’inverse, une voie réservée, une vitesse régulière et une bonne priorité aux feux réduisent les phases de freinage et d’accélération. L’aménagement de la ligne peut donc produire un gain aussi réel qu’un changement de motorisation.
Lire aussi : Réduire les émissions de GES dans le transport en entreprise
Les kilomètres à vide sont souvent oubliés
Un bus qui rejoint son dépôt ou circule avant sa première prise en charge émet sans transporter de voyageurs. Pour une analyse sérieuse, je répartis ces kilomètres haut-le-pied, c’est-à-dire les trajets sans passagers, sur l’ensemble des voyageurs réellement transportés.
Les chiffres commerciaux qui ne comptent que la distance parcourue avec des passagers peuvent donc sous-estimer l’impact d’une navette ou d’un service occasionnel. Ce point est particulièrement important pour les transports scolaires, les lignes rurales et les dessertes d’entreprise.

Diesel, hybride, GNV ou électrique quel choix est le plus pertinent
Je ne considère pas une motorisation comme meilleure dans l’absolu. Le bon choix dépend de la longueur des lignes, de la fréquence, du relief, du nombre d’arrêts, de la disponibilité de la recharge et du mix électrique utilisé.
| Motorisation | Atout principal | Limite à anticiper | Situation adaptée |
|---|---|---|---|
| Diesel Euro VI | Autonomie et infrastructure maîtrisées | Environ 1,1 kg de CO₂/km dans une mesure réelle | Lignes longues ou parc existant |
| Hybride | Réduction de la consommation en zone dense | Gain variable selon la conduite et le cycle de recharge | Lignes urbaines avec arrêts fréquents |
| GNV | Baisse de certains polluants locaux et bruit réduit | Bilan CO₂ parfois proche du diesel en conditions réelles | Dépôt équipé et approvisionnement sécurisé |
| Électrique | Pas d’émission directe et faible bruit | Recharge, autonomie, batteries et coût d’achat | Réseaux urbains réguliers et facilement rechargeables |
Le bus électrique offre un avantage évident sur la qualité de l’air dans les rues. Pour le climat, il faut toutefois examiner l’ensemble du cycle de vie, depuis la fabrication de la batterie jusqu’à l’électricité consommée. Un modèle basé sur la Base Empreinte de l’ADEME estime l’impact d’un bus électrique à 21,7 g de CO₂e par kilomètre selon ses propres hypothèses, mais ce résultat ne doit pas être transposé directement à tous les véhicules ni à toutes les méthodes de calcul.
Le GNV est souvent présenté comme une solution de décarbonation. Les mesures disponibles montrent surtout un avantage sur les oxydes d’azote, tandis que l’écart de CO₂ avec le diesel peut rester limité. Je le vois donc davantage comme une étape de transition ou une solution d’exploitation que comme une réponse définitive au changement climatique.
Comment calculer l’impact d’un trajet ou d’une navette
Pour une première estimation, je procède en quatre étapes. Cette méthode suffit généralement pour comparer plusieurs scénarios avant de demander un bilan plus détaillé à l’exploitant.
- Relever la distance réellement parcourue, y compris les retours au dépôt lorsqu’ils sont liés au service.
- Choisir une consommation ou une émission moyenne adaptée au type de bus et au parcours.
- Estimer le nombre moyen de passagers, et non la capacité maximale du véhicule.
- Diviser les émissions totales par le nombre de passagers transportés sur la distance étudiée.
Pour une navette d’entreprise, un bus diesel émettant 1,2 kg/km et transportant 20 salariés produit environ 60 g par passager.km. Sur une distance de 15 km, chaque salarié représente donc environ 900 g de CO₂ pour un aller simple, avant d’ajouter le retour.
La comparaison avec la voiture doit utiliser le même périmètre. À titre illustratif, une voiture émettant 150 g/km atteint 150 g par personne lorsqu’elle est occupée par un seul conducteur, mais seulement 75 g avec deux occupants. Le bus devient particulièrement intéressant dès que son remplissage moyen dépasse le seuil où ses émissions sont réparties entre suffisamment de voyageurs.
Avec un bus à 1,2 kg/km et une voiture individuelle à 150 g/km, il faut environ 8 passagers pour égaler l’émission d’une voiture seule. Ce seuil change si la voiture est plus légère, si elle transporte plusieurs personnes ou si le bus effectue beaucoup de kilomètres à vide.
Les leviers qui réduisent vraiment l’empreinte
La première action consiste à ajuster la capacité du véhicule à la demande. Un midibus ou une navette plus légère peut être préférable à un autobus standard sur une ligne peu fréquentée, tandis qu’un renforcement aux heures de pointe évite de multiplier les voitures lorsque la demande est forte.
Je recommande aussi de suivre trois indicateurs simples chaque mois. Il s’agit du nombre moyen de passagers, des litres ou kWh consommés par kilomètre et des kilomètres parcourus sans passager. Ces données révèlent rapidement si le problème vient du véhicule, de l’itinéraire ou de l’organisation du service.
- Prioriser les voies réservées et les itinéraires limitant les ralentissements.
- Former les conducteurs à une conduite régulière et anticipée.
- Programmer les horaires pour éviter les trajets à vide inutiles.
- Choisir l’électrique lorsque le parcours, la recharge et l’autonomie sont compatibles.
- Comparer les émissions par passager transporté plutôt que la seule consommation du véhicule.
Le remplacement d’un bus diesel par un modèle électrique ne compense pas toujours une ligne mal remplie. Dans certains cas, 10 passagers supplémentaires ou une meilleure organisation des horaires réduisent davantage l’empreinte par voyageur qu’un changement de motorisation mal dimensionné.
Le bon indicateur pour décider en mobilité durable
Pour répondre simplement, un bus diesel urbain rejette généralement autour de 1,1 à 1,5 kg de CO₂ par kilomètre. Rapporté au passager, son impact peut descendre sous 50 g lorsque le véhicule est bien rempli, mais dépasser 100 g lorsqu’il roule presque vide.
Je retiens donc toujours deux chiffres ensemble. Le premier décrit l’efficacité énergétique du bus, le second montre le service réellement rendu aux voyageurs. C’est cette lecture combinée qui permet de choisir entre optimisation d’une ligne existante, navette d’entreprise, hybridation ou électrification sans se laisser guider par un chiffre isolé.